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LE DPE est-il bien conçu avec ces périodes de canicules?

Publié le 27/07/2026

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est aujourd’hui devenu un critère incontournable lors de la vente ou de la location d’un logement. Son objectif est louable : informer les futurs occupants sur la consommation énergétique d’un bien et sur ses émissions de gaz à effet de serre afin d’encourager la rénovation énergétique. Toutefois, face aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents et intenses, une question mérite d’être posée : le DPE est-il encore adapté aux réalités climatiques actuelles ?

Force est de constater que le DPE reste principalement conçu pour mesurer les performances d’un logement en période hivernale. Il évalue notamment les besoins en chauffage, l’isolation, la qualité des fenêtres, le système de production d’eau chaude ou encore les émissions de CO₂. En revanche, le confort d’été, pourtant devenu une préoccupation majeure pour des millions de Français, n’occupe qu’une place très secondaire.

Or, les vagues de chaleur se multiplient. Dans de nombreuses régions, vivre plusieurs semaines avec des températures dépassant les 35 °C est désormais une réalité. Certains logements, pourtant classés A ou B au DPE, deviennent de véritables fournaises en été. À l’inverse, certains immeubles anciens aux murs épais conservent une fraîcheur naturelle malgré une étiquette énergétique moins favorable. Cela démontre que le classement énergétique ne reflète pas toujours le confort réel des occupants pendant les fortes chaleurs.

Le DPE devrait donc évoluer afin d’intégrer de véritables critères de résilience climatique. Il pourrait, par exemple, prendre en compte l’inertie thermique des matériaux, l’orientation du logement, la présence de protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil), la ventilation naturelle, la végétalisation des abords ou encore la capacité du logement à maintenir une température intérieure acceptable sans recours massif à la climatisation.

Cette évolution présenterait plusieurs avantages. Les acquéreurs et les locataires seraient mieux informés avant leur décision. Les propriétaires seraient encouragés à réaliser des travaux améliorant non seulement les performances hivernales, mais également le confort estival. Enfin, cela permettrait de limiter le recours aux climatiseurs, dont l’utilisation augmente fortement lors des épisodes de canicule, avec un impact important sur la consommation électrique nationale.

Nos gouvernants ont déjà fait évoluer le DPE à plusieurs reprises. Il serait aujourd’hui logique d’aller plus loin en tenant compte des conséquences du changement climatique. Un logement performant ne devrait plus être évalué uniquement sur sa capacité à conserver la chaleur en hiver, mais aussi sur son aptitude à protéger efficacement ses occupants des fortes chaleurs estivales.

Le DPE demeure donc un outil utile, mais il n’est plus totalement adapté aux enjeux climatiques du XXIᵉ siècle. À l’heure où les canicules deviennent une composante durable de notre environnement, il est indispensable que son mode de calcul soit revu afin de mieux refléter le confort réel des logements tout au long de l’année. Une telle réforme constituerait une avancée majeure pour les consommateurs, pour le marché immobilier et, plus largement, pour l’adaptation de notre parc immobilier aux défis climatiques à venir.

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